11 mars 2026

Xiaomi : le grand écart entre le naufrage de sa berline star et la surenchère de son futur mobile

Lancée en grande pompe en février 2025, la SU7 Ultra devait couronner les ambitions de Xiaomi dans le secteur extrêmement concurrentiel de l’automobile haut de gamme. Sur le papier, la fiche technique de cette berline électrique donnait le vertige. Ses 1 548 chevaux la propulsaient de 0 à 100 km/h en à peine 1,98 seconde, avec une vitesse de pointe affichée à 350 km/h. La consécration semblait d’ailleurs au rendez-vous dès le mois de juin. Le véhicule a pulvérisé le record du très exigeant circuit du Nürburgring avec un chrono de 7 minutes et 4 secondes, s’arrogeant au passage le titre de voiture électrique de série la plus rapide au monde. Le fabricant chinois tenait là son coup d’éclat. Mais l’euphorie est retombée aussi vite qu’elle est montée.

Des tragédies qui font fuir la clientèle

Des drames successifs ont violemment enrayé cette belle dynamique. Dès le mois de mars, un accident fatal impliquant le système de conduite autonome a coûté la vie à trois étudiantes. Face à l’urgence, le constructeur a été contraint de déployer un correctif logiciel sur plus de 110 000 véhicules pour régler des défaillances de détection. Pire encore, un second drame survenu en octobre à Chengdu a définitivement assombri la réputation du bolide. Suite à un choc, la voiture s’est embrasée. Les passagers, vraisemblablement piégés par des portières refusant de s’ouvrir, n’ont malheureusement pas pu être secourus. La polémique s’est ensuite étendue aux pratiques commerciales de la firme, accusée d’exiger des paiements anticipés peu orthodoxes.

Les conséquences sur les carnets de commandes ont été foudroyantes. Les données relayées par nos confrères de Car News China illustrent une véritable descente aux enfers. Alors que la SU7 Ultra s’écoulait à 3 098 exemplaires en mars 2025 et se maintenait solidement au-dessus des 2 000 unités mensuelles durant l’été, la rentrée a été catastrophique. Les compteurs ont affiché 488 immatriculations en septembre, 130 en octobre, 80 en novembre, pour finir l’année avec un chiffre dérisoire de 45 ventes en décembre.

Le salut par le milieu de gamme

Ce naufrage industriel sur le segment ultra-premium n’a curieusement pas coulé la division automobile de la marque. Ce sont finalement les modèles plus grand public qui sauvent le bilan financier. La version classique de la SU7 s’est écoulée à plus de 11 000 unités sur le seul mois de décembre, tandis que le SUV YU7 franchissait aisément la barre des 39 000 ventes. Fort de ces 411 000 véhicules écoulés sur l’année, hissant Xiaomi Auto dans le très convoité top 10 chinois, le groupe revoit même ses ambitions à la hausse et vise désormais 550 000 livraisons pour 2026.

La téléphonie reste le véritable terrain de jeu

Ce contraste saisissant entre l’échec cuisant d’un produit vitrine et l’immense succès de son catalogue grand public illustre la position paradoxale de l’entreprise. Pour rassurer les marchés, le géant asiatique s’apprête d’ailleurs à frapper un grand coup dans son domaine de prédilection historique : les smartphones. Alors que la série 17 vient à peine d’entamer sa carrière commerciale à l’international, les indiscrétions s’emballent déjà en Asie autour de la génération suivante. Le célèbre informateur Digital Chat Station vient de partager sur le réseau Weibo des détails majeurs concernant le futur fer de lance de la marque, le Xiaomi 18 Pro Max, dont la présentation locale est attendue d’ici six mois.

Une fiche technique sans compromis

Le constructeur prévoit manifestement une débauche de technologies. Ce futur mastodonte embarquerait un immense panneau LIPO de 6,9 pouces, capable de faire chuter sa luminosité à un infime niveau de 1 nit tout en couvrant l’exigeant espace colorimétrique BT.2020. L’immersion serait renforcée par des bordures d’écran considérablement affinées, une tendance esthétique que l’on retrouvera sans doute sur le OnePlus 15T attendu ce mois-ci en Chine. Sous le châssis, le terminal abriterait une puce gravée en 2 nanomètres, vraisemblablement le Snapdragon 8 Gen 6 de Qualcomm. Ce processeur laissera d’ailleurs la version « Elite Gen 6 Pro », encore plus véloce, à la déclinaison Ultra de la gamme 18.

La véritable prouesse se cachera probablement au dos du téléphone. Les fuites évoquent l’intégration inédite de deux capteurs photo de 200 mégapixels sur ce modèle Pro. C’est un pas de géant par rapport aux standards actuels du marché : à ce jour, des ténors du secteur comme le Samsung Galaxy S26 Ultra, l’Oppo Find X9 Pro, ou même le récent Xiaomi 17 Ultra se contentent d’un unique objectif de cette définition. Une manière de prouver que, si la route de l’automobile de luxe est encore semée d’embûches, l’innovation mobile reste une piste que le fabricant maîtrise à la perfection.