Carlos Alcaraz sur un nuage : domination au classement et confiance absolue avant Indian Wells
Carlos Alcaraz vient de frapper un grand coup. Vainqueur de son septième tournoi du Grand Chelem en janvier dernier à Melbourne, l’Espagnol s’est offert un matelas d’avance vertigineux au sommet de la hiérarchie mondiale. Avec la parution du classement de début février, il relègue Jannik Sinner à 3 350 longueurs. La dynamique s’est complètement inversée par rapport à la fin de saison dernière où les deux hommes se tenaient dans un mouchoir de poche. En raflant la mise en Australie, Alcaraz a empoché 1 600 points supplémentaires par rapport à son quart de finale de 2025. L’Italien a subi le sort inverse : en passant d’un titre à une demi-finale, il abandonne 1 200 points en route. Cette marge arrive d’ailleurs à point nommé pour le prodige murcien. Son dauphin n’aura absolument aucun point à défendre jusqu’à la mi-mai, conséquence d’une suspension de trois mois purgée l’an passé à la même période.
Une hiérarchie mondiale bousculée
Derrière ce duo de tête intouchable, Novak Djokovic retrouve la place de troisième homme. Le Serbe s’est incliné en finale face à Alcaraz alors qu’il visait un 25e sacre majeur, mais ce parcours lui permet de rebondir au classement. Alexander Zverev fait le chemin inverse et glisse au pied du podium. L’Allemand jouait gros pour défendre les points de sa finale australienne de l’an passé. Il s’en sort finalement plutôt bien et évite une dégringolade qui l’aurait expulsé du Top 5.
Pour avoir une photographie complète de l’élite mondiale en ce début février 2026, Alcaraz trône avec 13 650 points, loin devant Sinner (10 300) et Djokovic (5 280). Zverev reste quatrième (4 605 points), talonné par l’Italien Lorenzo Musetti (4 405) et l’Australien Alex de Minaur (4 080). Un chassé-croisé a eu lieu chez les Américains : Taylor Fritz grimpe au septième rang (3 940) au détriment de Ben Shelton, neuvième (3 600). Le Canadien Félix Auger-Aliassime s’intercale à la huitième place avec 3 725 points, tandis qu’Alexander Bublik ferme les portes du Top 10 avec un capital de 3 235 points.
La vie sans Ferrero : un pari déjà gagnant
Ce début de saison tonitruant prend une dimension encore plus singulière quand on regarde en coulisses. Avant les premiers échanges de l’année, Alcaraz a mis fin à sa collaboration avec Juan Carlos Ferrero, son entraîneur historique depuis sept ans. Beaucoup se demandaient comment il allait digérer cette rupture soudaine. L’Espagnol a balayé les doutes avec une facilité déconcertante, affichant un bilan immaculé de douze victoires pour aucune défaite en 2026. L’ancienne gloire du double Mark Woodforde résume parfaitement l’impression générale en soulignant à quel point le jeune champion a su élever son niveau de jeu pour faire taire les interrogations. Priver Djokovic d’un nouveau record en finale d’un Majeur, sans son mentor habituel dans le box, lui a injecté une dose de confiance phénoménale.
Sérénité et ambitions californiennes
Le joueur de 22 ans débarque donc au tournoi d’Indian Wells porté par un élan irrésistible. Double vainqueur de l’épreuve, il vise un troisième couronnement qui le ferait entrer dans un cercle très fermé. Seuls Roger Federer, Novak Djokovic et Rafael Nadal ont réussi cette passe de trois dans le désert californien. S’il soulève le trophée, Alcaraz deviendrait le plus jeune à réaliser cet exploit, avec trois années d’avance sur ses illustres aînés. Quand on l’interroge sur le secret de sa forme actuelle, sa réflexion fuse. Il estime qu’il parvient aujourd’hui à bien mieux canaliser ses émotions sur le court. Trouver un espace de calme intérieur lui permet de dénicher les bonnes solutions tactiques, une lucidité qu’il sent avoir nettement aiguisée.
Cette sérénité crève les yeux à l’entraînement. Lors d’une session disputée sur le court central avec Tommy Paul, devant des centaines de spectateurs, l’Espagnol a affiché une décontraction totale. La veille, il tapait la balle vêtu d’un maillot des Lakers floqué au nom de LeBron James. Une liberté d’expression qui traduit son état d’esprit du moment. Fini le joueur qui semblait parfois chercher à justifier sa place. À Melbourne, on l’a vu rire de ses propres erreurs et plaisanter sur sa nervosité, clamant son envie de s’amuser même au cœur de combats éprouvants en cinq sets. Il sourit davantage, échange naturellement avec le public et n’hésite plus à laisser parler sa créativité raquette en main. Alcaraz ne joue plus pour prouver qu’il est le meilleur, il se comporte tout simplement comme un homme qui a pleinement embrassé son statut.