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| "Au Gabon on ne considère pas la Bande Déssinée (BD) qui peut être un moyen éfficace pour communiquer", Pahé, artiste-bédéiste |
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GABONEWS : Comment Patrick Essono, gabonais sans doute passionné d’art, en est-il arrivé à devenir Pahé, le bédéiste gabonais du moment ? Mais ce n’est pas vraiment facile. Je remercie donc cette petite fée gabonaise qui a dû se pencher sur moi pour me donner son petit coup de baguette magique… Akiba donc aux génies de la forêt gabonaise. GABONEWS : Pourtant au Gabon, la BD reste un domaine en marge du patrimoine culturel. Qu’en pensez-vous ? PAHE : Hélas c’est bien dommage. Au Gabon on ne considère vraiment pas la BD. Il n’y a qu’à voir ce qui est fait pour aider les jeunes talents : rien. Nos ministres de la culture sont plus préoccupés par la culture politique, alors que la BD peut être un moyen efficace pour communiquer, faire passer des messages, éduquer… grâce au dessin. Il est beaucoup plus facile de lire un texte rempli d’illustrations que celui qui n'en a pas. Mais bon chacun a ses préoccupations quoi… GABONEWS : Il y a ce ton « irrévérencieux » qui vous est caractéristique. Certains affirment que vous allez trop loin parfois. Partagez-vous cet avis ? PAHE : Je vais être une fois de plus clair : je ne suis pas là pour dessiner des oiseaux, des abeilles et des fleurs. J’appelle un chat un chat et un chien un chien. Je laisse le soin aux autres dessinateurs de fermer leur gueule et de faire de gentils dessins. Pahé irrévérencieux ? Oui merci, c’est un compliment pour moi. Je n’y peux rien, je n’ai pas la langue de bois. Désolé pour 99 pour cent de personnes qui n’aiment pas ma petite grande gueule et merci pour le 1 pourcent restant : Je vous adore. GABONEWS : Vous êtes, actuellement, l’un des auteurs de BD gabonais les plus populaires du pays, surtout depuis vos « démêlés » avec les forces de l’ordre. Comment vivez-vous cette (nouvelle?) notoriété gabonaise ? PAHE: J’aime bien vos affirmations d’auteur le plus populaire. Merci. Ah ! Cette histoire avec les forces de l’ordre ! Pour tous ceux qui aiment bien les histoires avec les gendarmes j’en parle abondamment sur mon blog. (ndlr :http://dipoula.paquet.li). Mais trêve de plaisanterie, je ne crois pas avoir changé. Je suis toujours le même, et reste toujours avec les gabonais d’en bas. Comme je le dis si bien, je dois tout à mon public. Sans lui, je ne suis rien. J’aime bien la «notoriété», ça me fait marrer, car si j’étais aussi « en haut», je crois que les médias de mon pays parleraient beaucoup plus de moi. Malheureusement c’est le silence radio au Gabon. Mais comme le dit si bien cet adage : « nul n’est prophète chez lui. » GABONEWS : Vous avez signé avec un éditeur européen, de publier plusieurs albums, vous parcourez les prestigieux festivals de BD, votre vie a même été retranscrite en dessin animé… Certains affirment que vous pouvez « mourir tranquille ». Avez-vous encore des challenges? PAHE : On me demande souvent si j’ai déjà des couilles en or, je dis : ça commence à venir. Bientôt elles seront en diamant. Voulez vous savoir si je gagne bien ma vie. Allez, je vais me lâcher un peu, sachez qu’à mes débuts pour « La vie de Pahé », lorsque j’ai signé, j’ai touché 4000 euros fois trois albums. Je ne suis pas trop fort en conversion mais ça rapporte un peu de pognon. En revanche pour « Dipoula », je partage avec mon scénariste. Pour le dessin animé (ndlr : « La vie de Pahé ») d’ici peu, le franc CFA pas dévalué va tomber à fond la caisse surtout que la vente à l’international se passe bien. Je touche un pourcentage hyper petit mais qui rapporte un pognon hyper grand comme ça. Ceux qui ont des oreilles comprendront. Un challenge? Purée, il faudrait que je pense enfin à pouvoir m'occuper de mon fils qui ne me voit pratiquement pas, étant toujours entre deux avions. Voilà, vous savez tout. GABONEWS : Nous le disions, la BD « made in Gabon » reste embryonnaire. Que faudrait-il faire pour impulser une réelle dynamique locale, pour procéder à l’émergence de jeunes auteurs notamment ? PAHE : Pour la réponse à cette question que nos génies du gouvernement répondent. En ce qui me concerne, comme je l’ai dit plus haut il n’y a pas 36 solutions : il faut travailler, bosser comme un dingue et compter un peu sur le facteur chance pour se faire remarquer. Des écoles comme celles Conventionnées des Charbonnages et de Gros Bouquet et associations telles Eolize m'ont fait appels pour donner un petit coup de main sur tel ou tel projet, je n’hésite pas à venir parler de mon boulot avec ces dernières. Surtout quand mon emploi du temps hyper chargé me le permet… GABONEWS : Pourriez vous nous dire quelques mots sur votre actualité ? PAHE : « Papas du monde »,Collectifs BD qui paraît aux éditions Paquet. Chaque dessinateur papa raconte en cinq (5) illustrations ce qui l’a amené à devenir papa. Sortie en février 2010. Après Omar Bongo dans « Gabonaises… Gabonais… », paru en 2006, je suis en train de boucler ma prochaine BD politique qui raconte les dernières élections présidentielles qui ont eu lieu au Gabon en août dernier à ma façon, avec mon humour. Ali Bongo sera le principal personnage de l’histoire, mais aussi ses potes devenus opposants. GN/MO/MS/10 |
| Mis à jour ( Samedi, 30 Janvier 2010 19:57 ) |





Libreville, 30 janvier (GABONEWS) - En dépit de son absence, pour raisons personnelles, au festival international de la Bande Dessinée (BD), qui se tient depuis le 28 janvier à Angoulême (France), le dessinateur gabonais, Patrick Essono, alias Pahé, a accordé une interview exclusive à GABONEWS, depuis sa résidence de Bitam, à la faveur de laquelle il est revenu sur son succès grandissant, et a dressé l’état des lieux du paysage du 9ème art gabonais. 