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| Bras de fer Mairie de Mounana-COMUF : La municipalité accuse, COMUF récuse, le ministre des Mines joue au pompier |
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Libreville, 9 février (GABONEWS) – Depuis le 31 décembre dernier, un quiproquo affecte dangereusement les relations fructueuses de partenariat entre autorités municipales de Mounana (issues de l’UGDD, opposition) et responsables de la Compagnie des Mines d’Uranium de Franceville (COMUF), les premières accusant la seconde de pollution à base de produits chimiques toxiques, alors que la société mise en cause récuse tous les griefs formulés contre elle, au point que les parties en conflit s’acheminent désormais vers un procès, un dossier réalisé par GABONEWS. En raison de la complexité doublée de la sensibilité du dossier, la Rédaction de votre agence en ligne a préféré d’y écarter tout commentaire, en se contentant d’étaler exclusivement et in extenso, la version des faits de chacune des parties. Pour ce faire, nous avons cherché et obtenu la copie de la déclaration faite par le maire adjoint de Mounana, Rodrigue Bokoko, à la faveur du point de presse qu’il a animé, ce lundi, à Libreville, rencontré le Directeur Général de COMUF, Philippe Drouot, en séjour à Libreville, et approché le ministre des Mines, du Pétrole et des Hydrocarbures, Julien Nkoghé Békalé. GABONEWS restitue l’intégralité des propos de chacune des personnalités supra citées et concède la latitude à ses internautes d’en juger librement. LA MAIRIE ADJOINT DE MOUNANA ACCUSE COMUF TEXTE INTEGRAL « Nous vous remercions d’avoir accepté notre invitation à prendre part à ce point de presse relatif à la découverte, le 31 décembre 2009, des déchets toxiques dans la verse de la société COMUF à Mounana. Avant de rendre cette information publique et d’y donner une suite judiciaire, nous avons mené une enquête préliminaire en présence des forces de sécurité et de défense, d’un huissier de justice, pour le constat des faits, ainsi que de personnalités locales et notables de la ville de Mounana. A l’issue de cette enquête, il ressort les points suivants : -Présence dans la décharge de la COMUF de nombreux bidons contenant des produits toxiques enfuis, au milieu desquels se trouvaient quelques vieux placards et du matériel de laboratoire ; -Témoignage de nombreux compatriotes qui ont assisté au déversement desdits produits par les camions de la société GEOFOR sous-traitant de la COMUF ; -A l’initiative du Bureau du Conseil municipal de la ville de Mounana, une réunion d’explication présidée par le premier maire adjoint de la commune s’est tenue à la salle polyvalente de cette institution en présence des directeurs généraux de GEOFOR et de la COMUF , ainsi que des autorités et personnalités locales dont le Commissaire de police et le Commandant de la brigade de la gendarmerie. Des faits évoqués plus haut, le Directeur Général de GEOFOR reconnaît n’avoir fait que deux rotations par camion pour transporter divers matériels provenant du CIRMF pour la décharge de la COMUF, ce qui est en contradiction avec les témoignages recueillis sur place ainsi qu’avec la déposition faite au commissariat par l’un des chauffeurs de la société GEOFOR. Il ressort de cette déposition que ce sont 3 camions qui ont effectué 9 rotations chacun, soit au total 27 rotations entre le CIRMF et la décharge de la COMUF sur une durée d’une semaine. Vous imaginez l’ampleur de l’opération. Il est à noter lors de cette réunion, l’arrogance et le manque de coopération du Directeur Général de la COMUF qui s’est montré désobligeant avec l’autorité municipale pour éluder la question du problème de cette pollution. D’ailleurs depuis sa nomination à la tête de la société, celui-ci a choisi de vivre à Moanda plutôt qu’au siège de sa société à Mounana au grand étonnement des populations. A l’issue de l’enquête préliminaire et de la réunion d’explication citée ci-dessus, nous avons déposé une plainte contre X, le mardi 02 février 2010, devant le tribunal de Franceville. Nous tenons à dire que Mounana n’est pas un dépotoir. Mounana et ses habitants qui ont tant donné au Gabon et à la COMUF et qui souffrent aujourd’hui du climat de suspicion qui pèse sur la qualité de vie dans la ville, ne peuvent accepter ce manque de respect et de considération d’opérateurs économiques aux comportements irresponsables et demandent de connaître la nature des produits toxiques. Ils exigent en conséquence réparation et comptent sur la justice de notre pays. Nous vous remercions ». LE DIRCTEUR GENERAL DE COMUF RECUSE LES ACCUSATIONS TEXTE INTEGRAL « Deux chefs de quartiers, le 7 décembre 2009, sont venus me voir pour me dire que l’entreprise que nous avions implantée (GEOFOR) stockait des bidons de produits toxiques. J’ai donc demandé à l’entreprise de venir se présenter dès le lendemain matin. Nous avons fait le point avec eux pour savoir ce qu’étaient ces bidons. Ceux-ci s’avéraient être des produits chimiques périmés du CIRMF, qu’ils conditionnaient et expédiaient directement sur Libreville dans un conteneur. Leur travail consistait à mettre en caisse et à faire le transport. Les chefs de quartiers ont demandé à pouvoir participer au voyage pour s’assurer davantage ; ce qui a été accepté. Ils ont également exigé de disposer de certificats de destruction, ce que nous avons maintenant, tout à fait logiquement, sans difficulté. C’était la première phase. Une seconde phase : pendant que la COMUF était fermée pour les périodes de fêtes de fin d’année, alors que j’étais en France, Monsieur le Maire de Mounana a fait faire un constat sur notre verse, présentant des bidons de produits qu’il prétendait toxiques et qu’il a entreposés dans une salle de la mairie pour les présenter à la justice plus tard. Ceci a été fait sous constat d’huissier avec la police et la gendarmerie. Or, il se trouve que la verse en question avait été totalement nettoyée et recouverte de terre, donc il était plus qu’improbable que ces bidons puissent se retrouver là, d’autant plus que l’on voyait bien que ces bidons n’avaient pas été manipulés par un gros engin, un bulldozer. Depuis, le seul contact que j’ai eu, que la mairie m’a accordé c’est de faire une réunion publique le 21 janvier 2010, nous accusant directement de vouloir polluer le site de Mounana. J’ai bien sûr porté plainte contre X, auprès du Procureur de la République, qui a reçu ma plainte immédiatement jusqu’à ce qu’on trouve la personne ou les personnes qui ont déversé ces bidons sur notre verse. La justice va suivre son cours normal et bien évidemment nous nous portons partie civile contre la personne qui a déposé ces bidons sur notre verse. Les entretiens, ce lundi, avec Monsieur le Premier ministre et les six ministres concernés par le dossier, qui étaient présents au comité interministériel convoqué pour l’affaire, aboutissent à effectivement faire une réponse à la conférence de presse qu’a faite le maire de Mounana, et donc on va envisager de passer ce soir dans le journal télévisé de la RTG1, pour exposer clairement notre point de vue, sachant qu’on est le principal partenaire de la mairie de Mounana et qu’on est tout à fait ouvert et pas du tout favorable à cacher quoi que ce soit à qui que ce soit. Sans aucune difficulté, on va s’exprimer comme ce que je viens de faire, ce soir à la télévision, pour arrêter un peu cette crainte qu’on est en train d’amener aux Mounanais, qui n’est pas propice à un travail important qu’on est en train de faire à Mounana. Je vous apprends qu’on va inaugurer la halte garderie de Mounana dans un mois. On a énormément d’autres actions vers la commune, et il n’est pas bénéfique de trouver un climat social dans cette commune qui ne se justifie pas. Le ministre des Mines, le ministre de l’Environnement, le ministre de l’Energie, le ministre de la Santé et Mme Gondjout étaient tous réunis, ce lundi, autour du Premier ministre, pour en débattre ; c’était un comité interministériel, et tout le monde s’est assis sur une position commune de demander aux trois entreprises concernées : CIRMF, COMUF et GEOFOR de s’exprimer sur ce sujet-là pour éviter toute ambiguïté ». LE MINISTRE DES MINES JOUE AU POMPIER TEXTE INTEGRAL « En réalité il n’y a pas de conflit entre la mairie de Mounana et COMUF, il y a plutôt une certaine incompréhension. Vous savez que « AREVA » a exploité pendant un peu plus de trente ans une mine d’uranium dans la localité de Mounana, avec des normes internationales et des codes de l’environnement bien stricts. Aujourd’hui, « AREVA » est astreint à un plan de réhabilitation du site de Mounana, et c’est ce qu’elle est en train de faire. En principe ça se poursuit et il n’y a pas de problèmes particuliers, quelques incompréhensions seulement. C’est vraiment une incompréhension entre la commune de Mounana et le CIRMF. Mais, nous pensons que toutes les zones d’ombre vont être rapidement identifiées et levées, afin de réconcilier les deux parties qui, au demeurant n’ont aucun intérêt à être opposées ». Sans commentaires ! GN/MS/10 |





