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Carnet de route : L’instant d’un voyage fluvial entre Port- Gentil et Lambaréné(Reportage)
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Lambaréné, 9 mars (GABONEWS) - Le voyage en bateau sur le fleuve Ogooué, entre Port -Gentil  et Lambaréné, mérite  d’être vécu pour  découvrir le Gabon profond, rapporte l’un des envoyés spéciaux de GABONEWS.

Au départ de Port Gentil  (capitale provinciale de l’Ogooué-Maritime, sud-ouest), lundi,  à destination de  Lambaréné ( chef lieu de la provinciale, centre), il est à peine 7 heures.

La corvette « Villageoise III », embarque ses passagers et sa cargaison (sacs, valises, marchandises ).
Poussé par treize  moteurs ( quarante  chevaux , chacun) ,  le bateau  s’éloigne  de l’ancien port de la capitale économique avant de  gagner l’embouchure de l’Ogooué  et amorcer la   remontée  de ce  fleuve( 1.200 KM) , l’un des plus longs du continent .
 
A bord  de l’embarcation  de deux niveaux (l’un d’eux appelé Shaba) règne une animation soutenue par des « fêtards » qui, après un week-end bien « arrosé » dans la cité pétrolière,  vont regagner leur localité  au terme de six heures de navigation.

Le soleil apparaît progressivement quand, à l’embouchure,  le bateau quitte  la mer  et se glisse dans le fleuve, presque sans trop de nuance.

Déjà, le  spectacle  de la mangrove  s’ouvre. Ici, elle demeure intacte. Une aubaine pour les espèces qui viennent s’y reproduire et participe à la préservation des écosystèmes (faune marine).
Sur les eaux calmes, boueuses et  jonchées de débris divers , slaloment des vedettes rapides , propriété de nombreuses compagnies pétrolières qui prospectent, exploitent ou produisent l’or noir dans les différents bras de l’Ogooué et lacs environnants.
 
Plus loin, un chaland,  surmonté de plusieurs  billes d’Okoumé, effectue majestueusement  sa descente  sur Port-Gentil, destination où se trouvent les deux principales unités de transformation des grumes.

Soudain, le regard se porte sur la rive d’en face. Un village, abandonné , vit, sans doute, ses dernières heures, sous la menace d’un éboulement. Notre  ‘‘croisière’’ fût également le lieu d’une interrogation sur le phénomène persistant de l’exode rural.
 
Des passagers, abasourdis,  ont partagé leur  inquiétude devant  le « désert » observé le long du trajet où, naguère,  hommes, femmes et enfants vivaient ,  commercialisaient leurs produits du terroir.

Dans la cabine, Norbert dit « Attouga »,  le commandant, assure que son équipage se compose de cinq(5) membres  dont trois (3) nageurs secouristes.   
La quarantaine,  le chef, riche d’une expérience d’une trentaine d’années, sans encombres,  scrute l’horizon.
 
En dépit de la brise, la chaleur inonde son navire, de  moins en moins confortable. D’aucuns redoutent la pluie.

« Lorsque vous versez quelque chose en haut (niveau 2), cela coule sur nous qui sommes en bas »,  fulmine un client devant le peu d’étanchéité qu’offre l’habitacle.

En début d’après-midi,  se dévoile le pont qui enjambe les rives gauche et droite de Lambaréné, avec, au quartier « Isaac »,  son usine de raffinerie d’huile de palme  et dans la partie administrative, sa Mairie, ses  banques et bureaux de  Poste, notamment.

«  La villageoise III » (bateau),   accoste  sur une berge  aménagée, elles-même,  par les compagnies de navigation fluviale , dans la ville du célèbre  docteur Albert Schweitzer  manquant  d’un port, l’une des préoccupations des opérateurs  et des visiteurs, dont le nombre devient de plus en plus croissant au fil des années.

Lambaréné, rallié depuis Port-Gentil , le plus souvent, par voie fluviale,   justifie ainsi son statut de ville-carrefour à la lumière du flux de passagers  enregistrés.

Elle est prise d'assaut, dès jeudi et vendredi,  singulièrement  par des jeunes  filles   ‘‘ petites’’ venues de Libreville, Ndjolé, Mouila, Oyem, en partance pour Port-Gentil, pour  y passer   un  week-end « endiablé »   dans les boîtes de nuits,  les plus « torrides ».  

GN/YKM/RA/MS/10

Mis à jour ( Jeudi, 29 Juillet 2010 15:13 )